Dans Ci-gisait Cyrano, la mise en scène donne à voir 3 comédien.ne.s qui - dans une loge, se préparant pour un spectacle qui n'aura jamais lieu - interrogent la mécanique intime d’un homme qui orchestre sa propre chute.
Le spectacle dépouille le mythe de son héroïsme flamboyant pour révéler la lente autodestruction d’un être brillant et orgueilleux, incapable d’accepter ce qu’il pourrait pourtant avoir.
La scénographie épurée laisse surgir ce que le texte raconte en creux : un « suicide à petit feu », une lutte contre le monde et contre soi, menée à coup de panache et de refus obstiné d’être heureux.
Dire l’amour devient l’ultime résistance d'un homme qui préfère se consumer plutôt que se laisser aimer.
« Transmettre Cyrano, aujourd’hui ou demain, n’est jamais chose inutile. C’est permettre à une œuvre poétique de 1897 de passer de générations en générations, emmenant avec elle un jeu avec la langue et le vers, une certaine idée du grand siècle et plus largement de la grandeur, un goût pour le théâtre et sa mise en abîme… grâce à des vecteurs attachants et consensuels : la beauté, la jubilation et la tendresse. Je m’y engage : pas un spectateur ne piquera du nez… pas un élève n’aura le nez en l’air ! »